Home EnvironnementPhénomène El Nino : Une épée de Damoclès

Phénomène El Nino : Une épée de Damoclès

Les habitants des zones à haut risque sont pris par une peur panique au Burundi. Ils ne voient pas comment faire face aux éventuels dégâts qui seront causés par ce phénomène. Ces habitants, tout comme les experts en environnement, demandent au gouvernement de prendre des mesures préventives avant que l’irréparable ne se produise encore une fois.

by DRC NEWS 24
0 comments

« Dans les trois prochains mois, avec le phénomène El Nino, de fortes précipitations vont s’abattre sur le territoire national. Ce qui va provoquer des inondations, la montée des eaux du lac Tanganyika, des glissements et des éboulements de terrain », alertent les experts en environnement et l’Institut géographique du Burundi (Igebu).

Après cette alerte, certains habitants des zones à haut risque dorment la peur au ventre. Ils ne voient pas à quel saint se vouer. Les angoisses deviennent de plus en plus grandissantes d’autant plus qu’ils ne se sont pas encore remis des séquelles des dernières inondations.

L’épée de Damoclès reste suspendue sur les habitants riverains de la rivière Rusizi et du lac Tanganyika. Damas Ndiho est un habitant du quartier Mushasha II, zone Gatumba, commune Ntahangwa, province de Bujumbura. Il dit avoir déjà déménagé trois fois suite aux crues de la rivière Rusizi. « Ma maison a été démolie par les inondations. Aujourd’hui, j’habite dans une maisonnette construite avec des bâches. Si les inondations surviennent encore une fois, elle va s’écrouler. Où irai-je ? Je serai un sans-abri ? »

Egide Niyonsaba habite la colline Kinyinya. Il a été affecté par la montée des eaux de la rivière Rusizi et le débordement du lac Tanganyika. Il s’indigne des conditions de vie précaires dans lesquelles il se trouve.

« Je suis fatigué de fuir. Le calvaire n’en finit pas. Je venais tout juste de me réinstaller après une année passée dans le site des déplacés ».

B.G. une autre victime de la montée des eaux du lac Tanganyika se dit inquiet du phénomène El Nino. « Nous n’avons pas les moyens de construire des maisons en dur. Que les autorités prennent des mesures pour nous protéger avant que ce phénomène ne s’abatte sur nous ! »

Du désespoir

Certains habitants des quartiers surplombant la ville de Bujumbura craignent l’effondrement de leurs maisons. « J’ai peur que ma maison s’écroule. Vous voyez, les glissements de terrain continuent. Je ne sais plus sur quel pied danser. La mort m’attend ici », s’alarme G.B, riverain de la rivière Cari, quartier Winterekwa, commune Ntahangwa. Il demande que cette rivière soit canalisée en amont comme on l’a fait en aval.  « Sa canalisation est reléguée aux calendes grecques ».

Un autre craint pour d’autres glissements. Il fait savoir que les berges de cette rivière continuent à s’élargir. Les maisons se fissurent du jour au jour « Le danger n’est pas encore écarté. D’un moment à l’autre, d’autres éboulements peuvent se produire. Les fissures se multiplient sur les maisons et les glissements de terrain continuent même en cette période d’été. Qu’en sera-t-il pendant la saison des pluies ».

Avec le phénomène, imaginent les riverains de ladite rivière, si les pluies diluviennes tombent, les eaux de ruissellement risquent de déborder et d’emporter leurs habitations. Ils gardent un triste souvenir des scènes d’inondations de décembre 2019 ayant emporté des vies humaines et causé plusieurs dégâts matériels.

Même sentiment de peur pour les habitants vivant à proximité de la rivière Kanyosha qui craignent que leurs maisons ne s’écroulent à tout moment. « Les pluies diluviennes vont provoquer les crues de la rivière. Il pourra y avoir des glissements de terrain et des éboulements qui vont menacer nos maisons ».

Il en est de même pour les habitants du quartier Mugoboka dans la commune Mukaza qui disent être menacés par les ravins qui ne cessent de s’élargir. Ces ravins sont dus à l’occupation spontanée et anarchique du quartier. « Avec ce phénomène El Nino, la situation va s’empirer. Nos maisons vont s’écrouler », s’alarment-ils.

Ils demandent que le quartier soit viabilisé et que les caniveaux soient reconstruits afin que ces derniers puissent drainer les eaux de ruissellement.

You may also like

Leave a Comment