« Vox populus, Vox deus », disent les latins. Ce qui se traduit en français par « La voix du peuple est la voix de Dieu ». Depuis le début des inondations à Gatumba en 2016, les habitants avaient toujours demandé qu’on leur construise une digue le long de la rivière Rusizi.
Aujourd’hui, via Caritas Burundi, des travaux de construction d’une digue battent leur plein. Cette infrastructure s’étend sur plus de 2 km. Pour éviter que les hippopotames ne la détruisent pas en se frayant un chemin pour aller brouter, un espace d’environ 100 m a été réservé entre la rivière et la digue.
Un ouf de soulagement pour les habitants de Gatumba. « Nous disons grand merci à Caritas. Nous sommes très contents. Nos esprits sont aujourd’hui apaisés. Nous sommes confiants que désormais, l’eau ne va plus nous déloger ou nous envahir dans nos maisons », se réjouit Augustin Ndikumana, 46 ans.
Ce chef d’une équipe de volontaires locaux qui suit quotidiennement les travaux parle d’une réponse divine. « Cela vient nous soigner les blessures que nous avons cela fait déjà 7 ans. Chaque année, nous étions obligés de quitter nos maisons et de laisser tout derrière nous pour trouver refuge ailleurs. Et voilà que Dieu vient de nous répondre via Caritas et ses partenaires. »
Un rêve devenu réalité
M.Ndikumana mentionne qu’après avoir soumis la demande au gouvernement sans réponse favorable, les locaux s’étaient organisés en installant des sacs remplis de sable pour constituer une digue. « Mais, comment les moyens étaient limités, nous n’avons pas pu avancer loin. Même la diaspora avait contribué. Les travaux n’ont pas non plus beaucoup avancé. Aujourd’hui, le rêve se réalise. »
Jean-Baptiste Gatoto, un agriculteur de Gatumba ne cache pas sa joie. « C’est vraiment très salutaire pour nous. En effet, en plus des dégâts matériels, les inondations détruisaient aussi nos champs agricoles. Aujourd’hui, si nous considérons comment la digue est érigée, sa hauteur, sa longueur et sa largeur, nous constatons que cette fois-ci nous allons cultiver et pouvoir récolter sans problème. »
Avec le début du mois de septembre, les habitants de Gatumba commençaient à paniquer. Mais, grâce à la digue en construction, les esprits sont tranquilles. Clairia Ndayishimiye, la trentaine, est mère de neuf enfants. Elle habite à moins de 100 m de la rivière Rusizi, non loin du grand pont. A chaque crue de la Rusizi, c’était le calvaire pour sa famille. Aujourd’hui, elle espère qu’elle pourra dormir sereinement même en saison pluvieuse. « En tout cas, l’eau ne pourra plus atteindre ma maison. Que le Bon Dieu bénisse ces bienfaiteurs ! Nous avions à maintes reprises demandé à l’Etat de nous construire une digue mais la réponse était toujours négative. »
L’administration zonale satisfaite
Côté administration, c’est aussi la fierté. Dieudonné Mubanda, chef de la zone Gatumba trouve que la digue était une nécessité absolue. Il rappelle qu’en cas d’inondations, même les infrastructures publiques étaient affectées. D’après lui, certaines écoles étaient devenues jusqu’aujourd’hui infréquentables. Satisfait des travaux réalisés, il indique qu’il revient aux locaux de protéger la digue. Il pointe du doigt les éleveurs de vaches, les agriculteurs et bien d’autres. Pour la renforcer, il annonce que bientôt, des arbres seront plantés le long de la digue. « Nous appelons tous les habitants de Gatumba de répondre présents à cette activité. Nous pensons que les arbres vont aider beaucoup pour la rendre plus résistante et durable. »